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Description générale des manuscripts

Biblia de Ávila

Catedral de Ávila - Finales del S. XII - Biblioteca Nacional, Madrid

Avec ses 600 x 425mm et son poids de presque 15kg, c’est la plus grande Bible qui nous est parvenue. Il se compose de deux parties parfaitement distinctes, la première créée dans un monastère du centre de l’Italie dans la seconde moitié du Xiie siècle. À la fin de ce siècle, il est arrivé à Avila, où il a été achevé. Les illustrations de cette seconde phase ne sont pas de grande qualité, mais elles ont une force expressive et un grand dynamisme, avec des personnages et des compositions qui reflètent un immense pathétisme, tant dans l’expression des visages que dans le traitement des figures.

BIBLIA DE BURGOS

San Pedro de Cardeña? - 1175 - Biblioteca Públca del Estado, Burgos

Oeuvre tout à fait romane bien qu’elle conserve l’inspiration hispanique. Ce manuscrit, avec ses 404 pages en parchemin qui correspondent au Nouveau Testament, les autres s’étant perdues, est considéré comme l’un des plus beaux codex du roman, se détachant spécialement ses miniatures sur l’Adoration des Rois et La Genèse. Ses compositions incluent, avec une grande harmonie, des figures de canon allongé et d’autres beaucoup plus courtes, intercalant à plusieurs reprises des épisodes différents dans la même page, avec une grande fluidité et un sens esthétique profond.

Biblia de Cardeña

San Pedro de Cardeña - 912? - Universidad Pontificia de San Jerónimo de Burgos

Se compose de 397 feuillets, écrits sur deux colonnes de 52 lignes, tracées au poinçon, le texte occupant 355X 105mm. Plus de vingt feuillets se sont perdus et beaucoup de ceux qui ont été conservés se sont détèriorés. Il contient l’Ancien et le Nouveau Testament et quelques annexes parmi lesquelles un prologue de San Isidoro. La lettre est wisigothe minuscule de très bonne qualité, avec les initiales de chaque livre toujours très bien décorées et des entrelacements de plusieurs couleurs, alors que les initiales de chapitre sont plus petites et de décoration inférieure.

BIBLIA DE PAMPLONA

Pamplona - 1200 - Bibl. Univ. de Augsburgo

Il s’agit d’un manuscrit de caractéristiques très spéciales vu que, partant d’une version de la Vulgata originale, il contient 976 illustrations dessinées à plume fine et colorées en aquarelle, qui occupent une demi-page ou la page complète, auxquelles fut ajouté par la suite un bas avec les textes en lettre gothique minuscule. Il inclut l’Ancien et le Nouveau Testament ainsi que les représentations de nombreux Saints et Saintes et uin index de textes des évangiles apocryphes relatifs à la seconde venue du Christ.

Biblia de Ripoll

Monastère de Ripoll - 1015-1020 - Bibliothèque du Vatican

Aussi appelée Bible de Farfa parce que initialement son origine a été attribuée à ce monastère, il n’y a actuellement aucun doute qu’elle a été créée dans celui de Ripoll, comme l’ont démontré Pijoán et Neuss en analysant ses similitudes avec la Bible de Rhode et avec le portail du monastère de Ripoll. Avec un large contenu, qui, en plus de l’Ancien et du Nouveau Testament, comprend une multitude de textes bibliques, il est l’un des codex de son époque avec le plus grand nombre d’illustrations.

BIBLIA DE RODA

Monastère de Ripoll - 1010-1015 - Biblioteca Nacional, París

C’est une des trois grandes Bibles créées dans le monastère de Ripoll sous la direction de l’abbé Oliva, avec celle qui disparut dans un incendie en 1835 et la Bible de Ripoll. Le style développé dans ce monastère, qui conservait encore l’esprit de toute la miniature haut-médiévale espagnole, présente une plus grande influence carolingienne et byzantine ainsi qu’un plus grand classicisme. Elle comprend quatre tomes, les deux premiers décorés avec des images colorées et les deux autres uniquement de lignes en noir et contient l’illustration connue la plus complète du texte des prophètes.

BIBLIA DE SAN JUAN DE LA PEÑA

San Juan de la Peña - Siglo XI - Biblioteca Nacional, Madrid

Il est considéré comme le plus ancien manuscrit biblique aragonais qui nous est parvenu. Il est écrit en caractères wisigoths ronds et dans ses miniatures on observe deux types très différenciés, le premier encore mozarabe contenant les généalogies et le reste, peut-être postérieure, de style roman avec des initiales et des ornements très compliqués où s’entrecroisent des animaux et des décorations florales de type français.

Biblia de San Millán

San Millén de la Cogolla - Sigl XIII - R. Ac. de la Historia, Madrid

Ecrite au début du XIIIème siècle, dans la phase considérée troisième du scriptorium de San Millán, et formée de deux volumes, elle appartient à la famille textuelle traditionnelle espagnole, comme la Bible de San Isidoro et sa copie romane postérieure, maintenant dans le premier livre l?insertion de dessins sans cadre à l?intérieur des colonnes d?écriture, bien que dans le deuxième tome son style se rapproche de celui des autres livres européens de cette époque et l?enluminure se soit enrichie par l?ajout de soixante nouvelles miniatures.

Biblia de Tirreni

Royaume d'Aturias - 825 - Abbaye de Cava dei Tirreni

Codex conservé dans la bibliothèque de l’abbaye bénédictine de la Cava dei Tirreni, Salerne, Naples (Italie), où il a été transféré au début du Xiie siècle, sans avoir depuis lors quitté sa bibliothèque. Il s’agit du manuscrit minié d’une Bible selon le texte de la Vulgate latine la plus ancienne qui est conservée, écrit dans la première moitié du Ixe siècle par un scribe nommé Danila dans le Royaume des Asturies pour Alphonse II le Chaste.

Biblia del Rey Sancho

Pamplona - 1197 - Bibl. d'Amiens Métropole

Commandée par Sancho VII el Fuerte et réalisée sous la direction de Fernando Petri, chanoine de la Cathédrale de Calahorra, qui obtint le titre de chancelier royal entre 1192 et 1194, elle se compose de 871 scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament, des vies de saints et l’Apocalypse de San Juan. C’est une vision des textes bibliques à travers des images, dans laquelle les textes se limitent à expliquer les illustrations. On suppose que trois calligraphes et au moins quatre peintres y travaillèrent.

BIBLIA HISPALENSE

Scriptorium de Sevilla - Antérieur à 970 - Biblioteca Nacional, Madrid

Bible copiée au Xe siècle sur un bureau sévillan, peut-être le même que celui créé par Saint Leandro et Saint Isidore plus de deux siècles plus tôt, dans lequel sont conservées les caractéristiques de base des manuscrits wisigoths, bien que certaines des images et de certaines lettres onciales reflète clairement l’influence de l’art cordouan. Elle est également connue sous le nom de Codex Toletanus parce qu’elle a été découverte dans la bibliothèque de la cathédrale de Tolède..

BIBLIA LEONESA DE SAN ISIDORO

Monastère de Valeránica - 960 - San Isidoro de León

Appelée aussi « Codex Gothicus Legionensis », cette Bible, avec ses 561 feuillets et 300 miniatures, enluminée par Florencio, l’un des grands miniaturistes mozarabes, est considérée comme l’une des oeuvres les plus importantes de la miniature espagnole du Xème siècle. Elle renferme tous les livres de l’Ancien et du nouveau Testament, avec prologues, commentaires et quelques autres textes non bibliques. Elle inclut des miniatures très colorées avec histoires bibliques, grandes lettres initiales, capitulaires,etc.

BIBLIA SACRA DE LEÓN

Monastère de Abellar - 920 - Catedral de León

Connue aussi comme Bible de Vimara pour le nom de son copiste, elle fut enluminée par le diacre Juan, dans le scriptorium du monastère d’Abellar, fondé par des mones mozarabes pour l’abbé Mauro de Santa María et San Martin de Albares et terminée en 920. Représente la Bible la plus ancienne conservée et l’un des manuscrits mozarabes du plus grand intérêt arrivé jusqu’à nous. L’imagination de Juan de Albares et la schématisation de ses images, qui pourrait avoir inspiré Picasso pour son Guernica, ainsi que d’autres oeuvres attirent l’attention.

Biblia segunda de San Isidoro

San Isidoro de León - 1162 - San Isidoro de León

Copie incomplète, en trois volumes, avec 617 feuillets écrits en lettre caroline et multiples miniatures, de la « Biblía Leonesa de San Isidoro », de l’année 960. Ses images respectent la structure de l’original mais actualisent les coutumes de l’époque aussi bien dans les vêtements que dans les édifices et les trousseaux. On y trouve deux styles différents, l’un primitif , assez rude, et l’autre beaucoup plus épuré, avec des silhouettes allongées de grande spiritualité. L’esthétique dans les deux cas est déjà pleinement romane, bien qu’elle n’arrive ni à la richesse ni à la qualité de la version antérieure.

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