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Description Générale

« Il établit à Oviedo tout l’ordre des goths, disposant de
toutes choses, autant pour l’église que pour le palais, comme on l’avait observé
à Tolède
« . 

INTRODUCTION

Cruz de la Victoria. Cámara Santa, OviedoÀ notre avis, cette phrase du « Cronicón » Albeldense sur Alphonse II le Chaste,
qui régna en Asturies pendant 51 ans (791-842) au début de la Reconquête, a sur
l’histoire de l’Espagne une transcendance beaucoup plus importante que celle
qu’on lui a attribuée jusqu’à présent..

Il est important de considérer que, pendant la monarchie visigothe, les
habitants de la péninsule ibérique avaient, pour la première fois, cessé de
dépendre d’une puissance extèrieure, qu’en plus, on avait obtenu l’unification
de tout le territoire péninsulaire et que, depuis la conversion de Recaredo au
christianisme, il existait un bon niveau d’intégration sociale et religieuse
même s’il y avait beaucoup de problèmes sur le plan politique. Tout ce que nous
connaissons sur les nouveaux règnes chrétiens nous indique que leur objectif,
surtout dans le cas du règne asturien qui surgit dans les Picos de Europa à
partir de la bataille – ou plutôt échauffourée- de Convadonga, était la
reconstruction de cette monarchie visigothe, ce qui signifiait se libérer de la
nouvelle dépendance d’un peuple étranger, et la récupération de tous leurs
territoires. À la longue, le succès fut évident, à tel point que , si nous
comparons la carte de l’Espagne Visigothe à la fin du VIIème siècle et celle de
l’Espagne de Felipe II, au moment de la plus grande apogée de l’Empire Espagnol
après neuf siècles de reconstruction, nous nous rendons compte qu’elles sont
pratiquement identiques. Dans les deux cas, le territoire était formé par toute
la péninsule ibérique et une partie presque identique du sud de la France.

.

Au moment de l’invasion arabe, les hispano-romains, habitués à vivre sous la
domination étrangère pendant presque 1000 ans,  Covadonga. Cueva de la Virgens’adaptèrent sans trop de problèmes à la nouvelle situation vu que les arabes firent preuve d’une grande tolérance, mais une partie importante
des goths put s’échapper et se réfugier dans les montagnes du nord, formant
ainsi, avec la collaboration des peuples autochtones qui avaient toujours
démontré leur esprit d’indépendance face aux divers conquérants de la péninsule,
deux noyaux de résistance, l’un en Asturies et l’autre en Cantabrique -dans les
deux cas, dirigés par la noblesse visigothe- qui fusionnèrent immédiatement par
des alliances matrimoniales et créèrent la monarchie asturienne. Cette monarchie
se définit depuis le début comme une continuation de la visigothe et, dans les
premiers temps, elle fut aussi élective, intronisant toujours pour rois des
descendants de familles royales visigothes, selon une généalogie pas toujours
démontrée. Dans le même but, elle fit aussi tout son possible, comme il est dit
dans le « Cronicón », pour rétablir les structures sociales, religieuses et
administratives existantes dans le règne visigoth disparu; par exemple, on
maintint le même mode de répartition des terres reconquises et sans
propriétaire, ce qui eut une influence très significative sur l’organisation
sociale et politique espagnole dans les siècles postérieurs. Il sera fondamental
de tenir compte de cette vocation de continuité qui fut la base de la monarchie
asturienne, au moment d’analyser les caractéristiques de l’art qui se développa
pendant les deux premiers siècles de la Reconquête.

Pendant ce processus continu de « Reconquête », c’est à dire de récupération de
tous les territoires perdus pendant l’invasion arabe, on assimile l’Art Préroman
Asturien à l’ensemble San Salvador de Priesca. Detalle del ábside central des manifestations artistiques qui se produisirent entre l’an 722, date non
confirmée de la bataille de Covadonga, et 910, année où, à la mort d’Alfonso III
le Grand, son fils Ordoño II transporta la cour à Léon. À cette date, un nouveau
courant artistique est déjà apparu, appelé « Art Mozarabe », produit par les
chrétiens qui, habitant jusqu’alors en territoire arabe, commencèrent à émigrer
aux zones reconquises, apportant avec eux, en plus d’un esprit visigoth rénové
qu’ils avaient maintenu pendant les deux cents ans de domination, un bagage
important de nouvelles connaissances artistiques et techniques apprises à
Al-Andalus.

Au cours de ces deux siècles, le petit royaume qui n’occupait que la partie la
plus accidentée des Picos de Europa s’étendit peu à peu, d’abord à travers
toutes les Asturies et la Cantabrique, puis en Galice, qui eut une grande
importance à partir de l' »invention » du sépulcre de l’Apôtre Santiago et le
commencement de la légende de « Santiago Matamoros » et des pélerinages à
Compostela, et finalement au Portugal, à Léon, au Pays Basque espagnol et en
Castille, jusqu’à occuper pratiquement tous les territoires au nord du Duero. En
même temps sa capitale, et donc ses nouvelles constructions religieuses et
civiles, furent transférées de Cangas de Onis, d’abord à Pravia puis à Oviedo,
planifiée et construite à l’image de la Tolède « aulique », et finalement à
León quand Oviedo fut trop éloignée et peu accessible pour le contrôle et la
défense des nouveaux territoires..

<strong class= »<strong class= »<p class= »

<p style= »text-align:justify » class= »PRÉMISSES DE BASE

 

Parmi les difficultés qui, comme nous l’avons déjà commenté, apparaissent lors
de l’étude et du catalogage de presque tous les monuments préromans a
San Julián de los Prados (Oviedo). Perido de Alfonso II espagnols, on a généralement accepté, dans le cas de l’Art Asturien, trois
prémisses qui permettent, peut-être d’une façon excessivement simpliste, de
définir une construction comme incluse dans cette phase:

 

Du point de vue historique

  • – Seuls sont considérés les édifices construits entre l’an 722, date de la bataille de Covadonga, et le transfert de la cour à Léon en 910.

Du point de vue géographique

  • – Seuls sont considérés les édifices situés dans les limites des territoires
    repeuplés avant l’année 910.

 

<!– –>Du point de vue de la structure

 

  • – Seuls sont considérés comme architecture asturienne les édifices qui ne
    renferment pas d’arcs en fer à cheval comme élément structural. Les édifices de
    cette époque qui les utilisent sont considérés comme mozarabes.

<strong class= »<p style= »text-align:justify » class= »CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES
<p style= »text-align: justify; » width= »230″ rel= »media8357572697984354″ height= »100″ graficos= » » toscano2.jpg?= » » arterural= » » www.turismo-prerromanico.es= » » Lors de l’analyse des caractéristiques générales de l’art asturien, il faut
faire une très nette division entre deux styles tout à fait différents: les
trois constructions de la période « ramirense », reproduites en partie a San Salvador de Valdediós,  que nous étudierons à part, et le reste des manifestations artistiques de cette
phase.

<p style= »text-align:justify » class= »Dans ces dernières, nous pouvons considérer que l’art asturien est un pas en
arrière par rapport au dernier art visigoth, aussi bien par la faible audace de
ses structures que par sa qualité de construction et sa décoration sculptée. Ce
n’est que dans l’esthétique extérieure des édifices que nous pouvons voir un
progrès très intéressant par rapport aux constructions antérieures à l’année 711.

  • – L’arc en fer à cheval disparaît complètement, étant remplacé par une arcature en
    plein cintre. Ce genre d’arc est aussi très souvent utilisé sur des portes á
    linteau comme élément de décharge.

  • – Les murs sont en maçonnerie ou en petites pierres, Santa María de Bendones. Cabecera alors que dans les constructions visigothes, ils étaient généralement en grandes
    pierres de taille disposées en boutisses et parpaings alternés. La présence de
    contreforts extèrieurs est habituelle, parfois pour des raisons de décoration
    quand ils ne correspondent pas au support de voûtes.

  • – Les églises ont un plan basilical, avec trois nefs, trois absides rectangulaires
    et une tribune surélevée á la base. Il existe généralement une pièce secrète sur
    l’abside centrale, ainsi qu’un portique à l’entrée et un petit compartiment de
    chaque côté.

  • – Les colonnes disparaissent dans la séparation des nefs. Elles sont substituées
    par des piliers quadrangulaires beaucoup plus lourds. C’est pour cela que des
    impostes se substituent aux chapiteaux, sauf aux chevets.

  • – La couverture des édifices est plane, en bois, sauf aux chevets qui ont toujours
    un plan rectangulaire et sont couverts de voûtes en berceau.

  • – La décoration sculptée se réduit aux jalousies des fenêtres et, surtout, aux
    chevets qui sont parfois décorés d’arcatures aveugles sur des colonnes adossées
    au mur, mais on utilise une décoration picturale très riche dans tout l’édifice.

  • – L’architecture extérieure des églises est très soignée, avec une nette
    différence de hauteur entre les nefs latérales et la nef centrale, celle-ci avec
    des jalousies sur les fenêtres latérales, trois fenêtres dans les absides et une
    autre, normalement avec deux ou trois arcs sur de petites colonnes et des
    châpiteaux, dans la pièce située au-dessus de l’abside centrale. Le portique à
    l’antrée et parfois aussi sur les côtés, est normalement d’une grande beauté et
    apparaît très clairement comme un précurseur de l’art roman.

  • – D’après l’analyse de Schlunk, tous les murs, aussi bien extérieurs qu’
    intérieurs, étaient recouverts d’un crépi qui, à l’extérieur, était lisse sur
    les petites pierres de taille, et avec des dessins imitant un découpage dans les
    zones construites en pierres de taille, alors qu’à l’intérieur il était enduit
    et décoré de peintures.

 

On peut considérer que, dès la construction la plus ancienne, celle de Santianes de Pravia,
quelques-unes des caractéristiques indiquées se manifestent déjà. Vu l’isolement du  Ejemplo de arquería de medio punto en las Termas Romanas de Campo Valdés10royaume asturien au moment de sa construction – entre 774 et 783 – il semble
plus raisonnable de penser que la tradition hispanique fut beaucoup plus
significative que les influences extérieures dans l’élaboration du style
asturien.

En fait, comme nous l’avons vu, nous pouvons trouver, dans la phase antérieure,
des antécédents de presque toutes les caractéristiques signalées: plans
basilicaux avec trois nefs et trois absides – Son Bou, San Juan de Baños, Santa Lucía del Trampal -,
portique à l’antrée et sur les cotés – San Pedro de Alcántara, San Pedro de la Nave, Quintanilla de las Viñas,
etc. -, piéces au-dessus de l’abside centrale Santa Comba de Bande, San Pedro de la Mata, San Pedro de la Nave, etc. -,
tribune élevée sur l’antrée de l’église – San Giao de Nazaré, Quintanilla -, utilisation de
piliers à la place des colonnes – San Pedro de Alcántara, San Pedro de la Nave, etc, –
et même l’utilisation de la maçonnerie et des pierres de taille fut aussi très
habituelle avant les églises cruciformes.

Le thème le plus conflictuel, bien qu ‘il soit une des principales
caractéristiques de l’art de cette phase, est l’utilisation de l’arc classique
en plein cintre qui substitue l’arc en fer à cheval si caractéristique de l’art
visigoth. Jusqu’à présent, aucune explication satisfaisante n’avait été donnée
sur les raisons de ce changement, considérant que le plus probable serait qu’il
fut motivé par l’influence de l’art carolingien. Mais cette théorie semble peu
credible pour plusieurs raisons: d’un côté, l’évidence de l’esprit de continuité
de la monarchie visigothe au cours du règne asturien, qui s’est reflété de façon
très significative dans toutes ses manifestations culturelles, aussi bien en
architecture qu’en sculpture, orfèvrerie et miniature. Ventana con arco de herradura en Santianes de PraviaD’un autre côté, il nous est difficile de croire que ce changement fut motivé
par des traditions architecturales ou des influences artistiques venues de
l’extérieur dans une région qui est pratiquement restée isolée, au moins pendant
les premiers temps de la Reconquête. Ce n’est qu’à partir des dernières années,
où apparaissent peu à peu les vestiges d’importantes constructions romanes dans
la Principauté, comme Veranes, la station balnéaire de Las Regueras ou les
thermes de Campo Valdés entre autres, qu’il commence à paraître plus probable
que les raisons aient été,entre autres, l’utilisation de modèles classiques
antérieurs existants dans la région.

Cette phase se divise en quatre périodes parfaitement différenciées, dont les
trois dernières correspondent à l’impulsion personnelle de trois des rois les
plus importants, au moins d’un point de vue culturel, de la monarchie asturienne:

  • Période initiale: Depuis la bataille de Covadonga jusqu’au transfert de la capital à Oviedo
    pendant le règne d’ Alfonso II. C’est une époque de survivance, résistance et
    amplification du territoire; la Galice est conquise et la cour est transférée de
    Cangas de Onis à Santianes de Pravia. Il est évident que ce ne fut pas une
    période de grande créativité artistique, en fait, on ne conserve que les
    vestiges de deux églises à cette époque, l’une à Cangas de Onis, aujourd’hui
    disparue mais construite en 737 sur un dolmen qui se conserve encore, et l’autre
    à Santianes de Pravia, de l’époque du roi Silo vers l’an 780. Nous savons par la
    chronique de Sebastián qu’entre ces deux dates, à l’époque d’Alfonso I, beaucoup
    d’églises furent construites et restaurées, comme le monastère de San Vicente,
    d’où Oviedo tire son origine, mais il ne nous est parvenu aucun reste de ces
    constructions. Ce qui peut être considéré comme essentiel dans cette période est
    la continuité des traditions de la culture visigothe au monastère de Liébana, où
    Beato, son abbé pendant le règne du roi Silos, non seulement affronta Elipando,
    métropolitain de Tolède, s’opposant à sa théorie adoptionniste, mais écrivit
    aussi ses « Commentaires à l’Apocalypse » descendants directs de la culture et la
    miniature visigothes et point de départ de toute la miniature mozarabe
    postérieure et donc de la peinture et de la sculpture romanes.

  • Règne d’Alfonso II el Casto (791-842): grand politique, militaire et instigateur de la renaissance de l’art et de la
    culture du règne visigoth en Asturies, voulut, avec le transfert de la cour à
    Oviedo, San Julián de los Prados. Oviedoconvertir cette ville en une nouvelle Tolède, la dotant de toutes les structures
    qu’il jugeait nécessaire pour la capitale d’une importante monarchie. Selon les
    chroniques, on contruisit, sous la responsabilité de son architecte Tioda – nom
    qui provient du gothique Teudis – une ville fortifiée avec, à l’intérieur, un
    noyau monumental qui comprenait, outre les palais du roi et de l’aristocratie,
    les basiliques de San Salvador et Santa María, l’église de San Tirso et la
    chapelle de Santa Leocadia, ainsi que toute une série de constructions d’utilité
    publique, comme les acqueducs, les thermes, etc. À 1 km d’Oviedo, faaisant
    partie d’une villa royale, fut costruite la basílique de San Julián et Santa
    Basilisa, qui nous est parvenue en très bon état et est connue de nos jours sous
    le nom de San Julián de los
    Prados
    ou Santullano. De plus, on considère comme étant de cette
    époque, à cause de leur similitude avec Santullano, deux autres églises rurales:
    Santa María de
    Bendones
    et San Pedro de
    Nora
    . La Cámara
    Santa
    et Santullano ont été déclarées Patrimoine de l’Humanité.
    Pendant le règne d’Alfonso II commença la dévotion à Santiago, ce qui entraina
    la construction de la première église dédiée à ce saint à Compostela.

  • Règne de Ramiro I (842-850): En huit ans et, selon les textes, sans aucune intention de laisser une oeuvre monumentale à la prospérité, ce roi, qui
    prétendait seulement faire un petit palais de plaisance et une église sur ses
    terrains de chasse, nous a légué trois édifices étonnants par leur perfection,
    aussi bien structurale qu’esthétique. Ces édifices, déclarés Patrimoine de
    l’Humanité bien que très distincts entre eux, ont, à la base, des
    caractéristiques communes, trés différentes de celles du reste de l’architecture
    asturienne:

    – Chaque édifice correspond à un programme intégral très complet, dans lequel est
    dessinée et développée toute la décoration sculpturale incluse dans sa structure.

     

  • – Il s’agit d’édifices construits à base de petites pierres de
    taille très bien distribuées en équerre et totalement voûtés. Les voûtes
    s’appuyaient sur des arcs et étaient reforcées à l’extérieur par des contreforts
    et à l’intérieur sur des pilastres adossés au mur, comme nous le verrons
    reproduit dans l’architecture romane.
  •  

  • – Il possèdent une décoration très riche sculptée sur des colonnes, des chapiteaux, des bases, des assises, des disques, des pilastres, etc, où réapparait la figure humaine qui ne s’était plus utilisée depuis la derniére epoque visigothe, ainsi que les thèmes géométriques, végétaux et animaux dans lesquels on a voulu découvrir des influences visigothes, orientales et même vikings.

  • – Étant donné l’intégration de tous les éléments de chaque édifice, pour lesquels sont seuls utilisés les matériaux préparés expressément pour chacun d’eux, il semble hors de doûte qu’ils furent construits non seulement par un seul architecte, mais aussi par une équipe de tailleurs de pierres, constructeurs et sculpteurs de grande formation et avec une expérience cohérente préalable.

En fait, on pourrait penser qu’avec eux, Santa María del Naranco. Detalle de la decoración fut écrite une encyclopédie en pierre, parfaitement planifiée et exécutée, des
meilleures techniques de construction connues jusqu’alors. Comme nous le verrons
dans l’étude de chaque édifice, nous trouvons les trois types de structure les
plus significatifs des périodes antérieures: voûte double, basilicale et
pseudocruciforme. Leurs toitures sont toujours voûtées, appuyées sur des séries
d’arcs aveugles et des contreforts, mais avec les voûtes disposées de façon très
différente selon le type de structure. La définition de l’espace, aussi bien
extérieur qu’ intérieur est aussi très différente pour chacun d’eux et leur
décoration sculptée, intégrée en général dans la structure des édifices et
développée à l’intérieur d’un schéma unique et par le même atelier, est un
abrégé de motifs géométriques, végétaux, d’animaux et de figures humaines,
mélangeant ainsi les influences hispaniques, sassanides, syriennes,
bysantines… et même vikings.

Malgré le nombre d’études effectuées par les plus grands experts en art
haut-médiéval européen, nous ne sommes encore arrivés à aucune conclusion, pas
même approximative, sur l’architecte qui créa Santa María del Naranco,
San Miguel de Lillo et
Santa Cristina de Lena,
et comment il put former en si peu de temps une équipe qui aurait travaillé à
base de techniques très différentes de celles de la période antérieure avec la
perfection et l’adresse qui ressortent de ces trois édifices, sans qu’il ne
reste pour ainsi dire aucun reflet de leurs connaissances dans les constructions
immédiatement postérieures. Ce que nous savons, c’est qu’avec presque deux
siècles d’avance, cet architecte et son atelier jetèrent les bases, aussi bien
structurales qu’esthétiques de ce qui serait plus tard l’art roman. En fait, le
plus facile serait de pouvoir croire que, comme le dit la tradition sur la Cruz
de los Ángeles, une équipe d’anges apparut aussi sur la construction des
édifices ramirenses, et, après leur construction à court terme, disparut sans
laisser de trace.

San Salvador de Valdedios

  • Règne d’Alfonso III el Magno (866-910): Pendant ses quarante trois ans de règne, il développa définitivement le royaume
    asturien. Il étendit la ligne de conquête au Duero, repeuplant tant avec des
    gens qui provenaient de leurs royaumes qu’avec des mozarabes, fondant bourgs et
    monastères et les protégeant par des villes fortifiées comme Oporto, Toro,
    Zamora, Simancas ou Dueñas, et créa les bases de la future Castille en
    construisant la forteresse de Burgos. Du côté politique, il s’unit par son
    mariage avec la famille royale de Navarre et donna une grande impulsion à l’idée
    de récupérer toute l’Espagne par l’union des différents royaumes chrétiens sous
    un « Magno imperator » comme l’appelaient ses enfants. Dans le même esprit, il fut
    un grand promoteur de la culture et aussi bien d’oeuvres civiles, spécialement à
    Oviedo et León, que d’églises et de monastères. Pendant cette période de
    caractère religieux de l’architecture asturienne, en plus de San Salvador de Valdediós,
    autre joyau de l’art asturien, furent construits San Adriano de Tuñón, Santiago de Gobiendes,
    San Salvador de Priesca
    et la nouvelle Cathédrale de Santiago de Compostela, substituée postérieurement
    par l’actuelle. Du côté civil, en plus de la fortification d’Oviedo et des
    villes déjà indiquées, un nouveau palais et la Fuente de la Foncalada, incluse
    aussi dans la relation des monuments d’Oviedo déclarés Patrimoine de l’Humanité,
    furent construits.

    Les constructions asturiennes de cette période, sauf San Salvador deComparativa de la planta de iglesias asturianas de las épocas de Alfonso II y Alfonso III según Manzanares y Hanson Valdedios, totalement voûtée et avec un portique qui rappelle autant dans sa
    structure que par sa décoration les édifices ramirenses, ont les mêmes
    caractéristiques de base que celles du règne d’Alfonso II, bien que les
    influences de l’art mozarabe dans les peintures, les arcs en fer à cheval et les
    jalousies des fenêtres commencent à apparaître.

    Il nous semble très important de souligner qu’à cette époque, des églises et des
    monastères comme San Miguel de la Escalada, San Cebrián de Mazote ou Santa María
    de Lebeña, étaient aussi construits dans les territoires récupérés par des
    chrétiens venus d’Al Andalus et avec l’appui d’Alfonso III et dans un style qui
    non seulement réprenait une partie des caractéristiques de l’architecture
    visigothe qu’on avait abandonnées en Asturies, comme l’arc en fer à cheval et
    l’utilisation de colonnes au lieu de pilastres dans les séries d’arcs de
    séparation des nefs, mais apportait aussi de nouvelles techniques de
    construction apprises à Al-Andalus.

    <strong class= »<p style= »text-align:justify » class= »ANALYSE DE LA STRUCTURE DES ÉGLISES ASTURIENES
    <p style= »text-align: justify; » width= »230″ rel= »media8357572697984354″ height= »100″ graficos= » » toscano2.jpg?= » » arterural= » » www.turismo-prerromanico.es= » » À partir de là, il nous semble nécessaire d’analyser plus profondément une
    circonstance très spéciale de l’Art Préroman Asturien et dont nous avons déjà
    parlé antérieurement. La principale caractéristique du développement artistique
    dans toute la péninsule au long d’une période de plus de six siècles,  Comparativa entre la planta del templo tosacano de Vitruvio y la de Santullano según Sánchez-Montaña comprise entre les dernières constructions de l’Empire Romain et l’apparition
    des premières édifications romanes, fut la liberté dont jouissaient les
    constructeurs hispanistes pendant les phases visigothes et mozarabes dans
    l’utilisation de toutes les techniques qu’ils connaissaient, sur différents
    types et qualités de construction, pour édifier des églises aux plans et formes
    de couverture les plus variés, ce qui donnait lieu à un art des plus
    éclectiques. Cependant, il se produit le contraire dans l’art asturien, sauf
    dans la période ramirense. En effet, si nous faisons une analyse comparative des
    trois églises du règne d’Alfonso II – San Julián de los Prados,
    Santa María de
    Bendones
    et San Pedro de
    Nora
    – et les quatre d’Alfonso III – Santiago de Gobiendes,
    San Adriano de Tuñón, San Salvador de Valdediós
    y San Salvador de
    Priesca
    -, qui nous sont parvenues, nous trouvons un ensemble
    important de similitudes qui démontrent l’existence d’une normalisation, aussi
    bien dans la forme des églises que dans les méthodes de construction, que nous
    essaierons de résumer par la suite.

    <p style= »text-align:justify » class= »

  • <p style= »text-align:justify » class= »Comparativa entre la planta del templo tosacano de Vitruvio y las de San Salvador y San Tirso de Oviedo según Sánchez-Montaña 10Du point de vue de leur structure, elles ont toutes un plan basilical à trois
    nefs séparées par des séries d’arcs en plein cintre sur piliers carrés, elles
    ont toutes une couverture plane sauf celle de Valdediós qui, dans ce cas est
    voûtée, à cause de l’influence clairement ramirense, toutes ont des fenêtres
    dans la nef centrale sur les toits des latérales, elles disposent de trois
    absides voûtées de plan rectangulaire, de petits compartiments sur les côtés,
    généralement dans la partie la plus proche du chevet, et dans presque tous les
    cas d’un triple portique avec une tribune dans le plan supérieur. Du point de
    vue de la décoration, l’ensemble est aussi très homogène. Contrairement à la
    période ramirense, très riche en décoration sculptée qui était intégrée dans
    tout l’édifice, celle-ci est très limitée dans ces églises – peu ou très peu selon les cas – et
    située exclusivement aux environs du chevet. Cependant dans la plupart d’entre
    elles, il y a des restes de peinture, en général de claire ascendance romaine.

 

<p style= »text-align:justify » class= »Le besoin d’envisager la possibilité que l’influence de l’art romain dans ces
deux phases de l’asturien ait été plus importante qu’on ne le pensait jusqu’aux
dernières découvertes de constructions romaines dans la région est évident. De
nos jours, personne ne doûte que leurs architectes aient eu beaucoup d’exemples
dans les édifices de cette époque, vraisemblablement beaucoup plus que dans
l’èpoque visigothe. Il parait sûr aussi qu’un modèle d’église fut dessiné et
respecté pendant les règnes des deux Alfonsos et il se peut que cette rigidité
du modèle fut ce qui provoqua l’extinction d’un art conditionné par un
développement si normalisé. Il est donc évident que c’est dans l’art romain que
nous pouvons trouver les antécédents de toutes leurs principales
caractéristiques: les plans basilicaux, les arcs en plein cintre sur piliers et
la décoration picturale, ce qui nous semble beaucoup plus plausible que
l’existence d’influences externes significatives.

<p style= »text-align:justify » class= »Á ce sujet, C. Sanchez-Montaña a étudié les similitudes entre le plan des
monuments asturiens et celui du temple toscan définit par Vitruvio dans son « De
Architectura », dont on sait qu’il existait quelques exemplaires dans le nord-est
espagnol qui auraient été connus à cette époque, et envisage la possibilité que
quelques églises galliciennes et asturiennes, parmi lesquelles se détache celle
de San Julián de los
Prados
, aient été construites sur les fondations d’un temple romain
de ce genre, comme nous pouvons le voir à San Xao de Lugo avant la destruction
de ses fondations. D’après nous, il nous paraît difficile de croire que les
édifices asturiens aient été construits habituellement sur des temples romains
antérieurs, mais il parait raisonnable de penser qu’à l’époque d’Alfonso II, un
modèle d’église ait été défini, inspiré sur le temple toscan que décrit
Vitrubio, auquel s’ajuste non seulement les sept édifices mentionnés mais aussi
au moins deux autres églises d’Oviedo dont nous pouvons connaître les plans,
bien qu’ils n’aient pas été conservés – la cathédrale de San Salvador et San
Tirso – comme nous pouvons l’observer dans les schémas de Sanchez-Montaña
ci-joints. Pour plus d’information consulter: http://www.celtiberia.net/articulo.asp?id=1319)

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